Ecolo-Sphère

Cherchez la petite bête !

Cette expression qui trouverait son origine dans la façon qu’ont certains animaux de chercher des poux dans la tête de leurs semblables, me semble opportune. Eureka ! me dis-je (en me grattant la tête), je tiens le titre de mon billet ! Nous verrons cependant ici qu’il convient d’y réfléchir à 2 fois avant de la gratter… Commençons par le commencement.

Cibler l’ennemi

Selon une étude baptisée Pesti’home réalisée par l’Anses* en 2014 chez 1500 ménages de France métropolitaine, 75 % des sondés ont utilisé au moins un pesticide dans les 12 mois précédents. La médiatisation des affaires sanitaires autour de la dangerosité du glyphosate nous amène tout d’abord à penser à nos produits phytopharmaceutiques. Pour ce qui est de l’entretien du jardin, nous sommes aujourd’hui mieux sensibilisés à la question et la majorité d’entre nous n’utilise plus désormais de produits classés à risque.

Ceux d’entre nous qui ont également fait l’impasse depuis longtemps sur les biocides en aérosols (contre les insectes volants, rampants, acariens, poux humains et autres rongeurs), pensent aussi pouvoir être exclus des consommateurs de pesticides à usage domestique.

Reste donc à prendre en compte un autre vecteur important, commun à de très nombreux foyers, de toutes tranches d’âges et de tous milieux : les animaux domestiques. Toujours selon Pesti’home, environ 60 % des détenteurs d’animaux (chiens, chats, lapins) les traitent contre les puces et tiques, avec des produits vétérinaires conventionnels.

Un certain manque de vigilance

Ce que montre cette étude, c’est que les français sont trop peu attentifs aux précautions d’emploi de ces produits vétérinaires. Ainsi, un chat qui porte un collier anti-parasites tout neuf, ou fraîchement traité avec une pipette d’insecticide, ne devrait pas partager notre lit et encore moins celui de nos enfants.

Ces produits vétérinaires sont utilisés de façon courante bien qu’il n’aient rien d’anodin, bien au contraire. Parmi les anti-parasitaires destinés aux animaux domestiques, on trouve une substance appelée fipronil. Pourtant, cette substance est interdite en agriculture en France depuis 2005 et elle fut au cœur du scandale des œufs contaminés en 2017 en raison de son usage frauduleux dans certains élevages de volaille aux Pays-bas et en Belgique. Ce composant a été signalé en 2008 comme dangereux pour le développement cérébral des enfants. En 2012, des colliers antiparasitaires au dimpylate, au propoxur ou au tétrachlorvinphos ont été retirés du marché. Certains composants utilisés pour traiter les parasites du chien, peuvent s’avérer mortels pour le chat…

Il y a là matière à méditer. Ne vaut-il pas mieux supporter quelques puces que de mettre en péril nos capacités cérébrales déjà bien fragilisées par un environnement de plus en plus hostile ? Ou pire encore, entraver le bon développement des aptitudes naissantes de nos bambins qui aiment tant s’accrocher aux poils du compagnon familial pour apprendre à se dresser sur leurs petites jambes ?

Opter pour d’autres solutions

Si 60 % des propriétaires de mignonnes boules de poils optent pour des traitements antiparasitaires dits « conventionnels », comment s’y prennent les 40 % restants pour protéger leurs compagnons à 4 pattes ? Est-il possible de cohabiter avec eux sans devoir les mettre en quarantaine à chaque traitement, mais sans non plus, pour autant, partager leurs puces avec eux ?

De nombreuses personnes, comme elles le font pour elles-mêmes, font appel à l’aromathérapie pour leurs animaux. Ainsi l’on pourra utiliser l’huile essentielle de cannelle comme vermifuge. Piste à creuser lorsque l’on sait que les parasites intestinaux qui infestent parfois les jeunes enfants leurs sont généralement transmis par les animaux de compagnie via le contact main/ animal, puis main/bouche. D’où l’intérêt de prendre le problème à sa source. Les huiles essentielles de Cèdre de l’Atlas, de palmarosa ou de tee-trea sont quant à elles d’excellents insecticides et antiparasitaires.

Même si tout principe actif implique des précautions à l’utilisation, il est possible, sur les conseils d’un professionnel, de préparer ses propres mélanges pour traiter les animaux et leur habitat, sans pour autant craindre pour notre santé ni celle de nos enfants.

Chercher la petite bête signifie être excessivement pointilleux. Vous en conviendrez certainement comme moi, ma grand-mère avait raison quand elle me disait que « le diable se cache dans le(s) détail(s) »

*Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail