Po-éthiques

Blancheur d’ébène

A chacun la blancheur de son Everest, la responsabilité de ses propres gestes.
A chacun son sommet d’ébène, son édifice d’artifices, sa culpabilité ou sa haine.
A chacun des obstacles gargantuesques, des habitudes acceptées qui nous lestent.
A chacun son effort dans le réconfort d’une nature que l’on prétend pérenne.
Pour tous, la conviction sans conteste que la prise d’initiative personnelle,
C’est impacter ce monde d’une manière certaine.

Auteur mais non toujours coupable des traces que je sème,
Ma nature désenchantée est affable et soudain se manifeste,
Lorsqu’apparaissent au gré de mon passage ces quelques restes,
Qui attestent de mon flegme dépoussiéré de toute gêne.
Vestiges d’un usage éphémère, témoins d’une éthique peu saine,
Déchets et ordures s’empilent dehors, sur nos terres et causent ma peine.

A chacun la blancheur de son Mont, la mise en œuvre et l’éveil de son don,
A chacun des réflexes à prendre, des habitudes à tailler dans la roche,
A chacun libre de rendre l’interprétation de son immaculée perception,
Petites actions pour des répercussions sans accroches.

De longues larmes coulent et ruissellent le long de mes joues,
Dévalant pentes ardues et proéminences, elle craquellent mes lèvres,
Et leur présence s’explique sans équivoque et s’ajoute à mon courroux
De voir en ce monde univoque l’été devenir toux, et l’hiver transpirer de fièvre.

A chacun la blancheur de son jardin, le ratissage sans accrocs devant sa porte,
A chacun d’amener une contribution forte, un impact léger mais bien empreint.

Noyé dans ma gamberge sans dessein mais le visage illuminé par une volonté forte,
J’agis à mon échelle, et je vous partage que tout un chacun démultiplié n’est point vain.