Ecolo-Sphère

Préserver les ressources en eau

« Une goutte d’eau suffit pour créer un monde »

disait Gaston Bachelard. Mais le monde ne saurait certainement pas se satisfaire d’une seule goutte d’eau. A l’époque d’une population qui évolue manière exponentielle, notre consommation hydrique ne cesse de croître, tant par la quantité nécessaire intrinsèque à chacun (1) que par la diversité des domaines qui en requièrent l’usage (2).

Alors citoyens d’une planète bleue qui s’assèche et dont l’enjeu hydrique n’a jamais été aussi central, acteurs indirects d’une transition climatique prépondérante, nos habitudes quotidiennes sont au cœur de ce challenge qu’est la préservation de notre maison. (1) A la fin du XVIIIème siècle une personne utilisait, pour l’ensemble de ses besoins, 15 à 20 litres d’eau. Désormais un foyer français de 2,5 personnes en moyenne écoule 329 litres d’eau par jour(1). La répartition de notre consommation se répartit comme suit :

Dès lors, il convient de faire la différence entre notre usage nécessaire et celui lié au confort de notre qualité de vie. Toutefois les deux ne s’établissent pas en deux lignes distinctes. Pourquoi ne pas se défaire d’une linéarité de notre consommation en optant pour un cycle moins « aquavore » dont le recyclage serait prépondérant ? La récupération de l’eau de pluie pour optimiser son installation sanitaire (20% pour rappel), faire la vaisselle (10%) et entretenir voiture(s) et jardin (6%) représente déjà une réduction considérable (36% !!). De même réutiliser l’eau est une habitude à prendre. Jardiniers expérimentés ou simples amateurs de plantes vertes, votre flore sait se satisfaire de l’eau usée pour la cuisson de vos pâtes ou le nettoyage de vos légumes. Qui sait, peut-être en apprécieront-elles même davantage le goût !

En s’extirpant un peu de notre rapport direct à l’eau, il est par la suite aisé de se rendre compte que notre impact sur la consommation d’eau ne saurait se limiter à ces quelques gestes ; bien qu’ils soient tout à fait précieux. Notre absorption hydrique prend également racine dans nos gestes quotidiens.

(2) L’eau est une denrée dont le prélèvement permanent vise à répondre à des besoins différents. Mais en fonction des secteurs d’activités l’impact va être considérablement différent. Il convient d’ores et déjà de discerner le prélèvement d’eau, qui s’inscrit dans un cycle qui par suite la rejette après utilisation (la rendant donc à nouveau disponible), et la consommation véritable, qui correspond davantage à une absorption. Relativement à celle-ci ; voici la répartition de la consommation d’eau par secteur d’activité.

L’irrigation représente le secteur d’activité le plus gourmand en eau. Être attentif à nos habitudes alimentaires revêt ainsi un enjeu particulier. Par exemple, il faut en moyenne 7900 litres d’eau pour obtenir 1kg de protéines carnées contre 4650 litres pour 1kg de protéines végétales(1) : les protéines animales sont plus coûteuses en eau que leurs équivalentes végétales.

Une des pistes afin de diminuer la consommation d’eau issue de l’agriculture est donc de végétaliser notre alimentation et d’encourager une transition des productions animales vers des cultures végétales.

Nous pourrions également argumenter sur nos choix vestimentaires qui influent considérablement sur l’impact écologique que l’on apporte. Un tee-shirt en coton reflète une consommation d’environ 2000 litres d’eau. Ce chiffre s’élève à 8000 litres pour une paire de chaussures en cuir. Ainsi prendre soin de ses vêtements pour un usage plus long-termiste, mais aussi réduire sa consommation énergétique en entreprenant des démarches durables (chauffage thermique/solaire par exemple) ou encore avoir recours à des produits d’entretien ménagers plus concentrés et donc moins aquavore s’inscrivent dans une attitude collective pour diminuer son impact personnel.

L’eau est notre carburant, notre moteur, notre sang. Elle est au cœur de ce qui nous permet d’évoluer, de vivre et de manger. Ainsi faut-il la chérir et prendre conscience que son indispensabilité requiert chez nous une attitude responsable et durable. En ce sens nous sommes tous responsables du bon fonctionnement d’un système hydraulique où chacun réalise des efforts pour s’assurer de la pérennité de notre monde. Plus d’une personne sur six souffre dans le monde du stress hydrique, soit d’une situation au cours de laquelle la demande en eau dépasse les ressources disponibles, notamment du à l’interférence de l’activité humaine avec le cycle de l’eau. Nous sommes tous concernés, tous responsables, pour reprendre l’adage de la sécurité routière.

« L’eau seule est éternelle »

écrivait le poète Yun Son-Do. Désormais il revient à l’homme de s’assurer que la continuité de sa propre existence ne se heurte pas à l’indisponibilité d’une denrée qu’il a lui-même contribué à faire disparaitre.