Ecolo-Sphère

Transparent comme l’air

Selon une étude publiée par le Dr Rob Hewlett en mars 2018, on identifie plus de 59 substances toxiques dans les moquettes vendues en Europe. D’autres études ont montré que 31 substances classées cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques se dégagent de nos meubles de fabrication industrielle. Les produits ménagers, quant à eux, ne sont pas en reste, laissant dans l’air après leur utilisation de nombreux allergènes ou substances hautement irritantes.

La pollution intérieure doit-elle devenir une cause nationale ?

En effet, les Français passent 80 % de leur temps en intérieur sans savoir qu’ils respirent à chaque seconde des substances nocives. Il y a aujourd’hui en France, 3.5 millions d’asthmatiques et on estime qu’environ 20 000 décès prématurés sont liés chaque année à la qualité de l’air intérieur.

À titre de comparaison, on dénombre 3 500 morts par an sur les routes, soit près de 6 fois moins. Nous avons pourtant tous en tête les nombreuses mesures prises par les pouvoirs publics comme par exemple la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/h… En revanche, ce ne sera qu’à l’horizon 2020 que devrait naître l’obligation pour les fabricants de mentionner sur les emballages de meubles, la présence de certaines substances nocives.

Que trouve-t’on dans l’air de la maison ?

À première vue, on ne voit rien et pourtant, la pollution est bel et bien présente. Il est usuel de croire que l’air intérieur est plus sain que l’air extérieur car l’amalgame est souvent fait entre pollution de l’air et émissions automobiles, à tort ! Si les voitures sont une source incontestée de pollution, notre intérieur, sitôt qu’il manque d’aération, cumule les substances nocives d’origines variées. Tabac, microbes et virus, fumées de cuisson, résidus de produits ménagers, parfums et bougies d’intérieurs… La liste ci-dessous (toutefois non exhaustive) vous présente les particules et gaz potentiellement nocifs au sein de l’air de la maison:

– pollens et allergènes

– bactéries et moisissures

– émissions industrielles

– particules ultra-fines (fumées de tabac, émanations de cuisson, microbes et virus…)

– formaldéhydes (gaz relâchés par les moquettes, tapis et sols durs…)

– ozone

– benzène (bougies parfumées, produits de nettoyage…)

– dioxyde d’azote (cuisinières à gaz, fumées de cuisson…)

Quelques conseils à suivre :

Tout d’abord, le premier est facile à mettre en œuvre : ouvrez vos fenêtres 10 minutes par jour. L’idéal étant de procéder à ce changement d’air, dans la mesure du possible, le matin avant 9 h et/ou le soir après 20 h, moments de la journée où les polluants sont moins nombreux dans l’air extérieur.

Ensuite, un élément très important à surveiller pour maîtriser la pollution de l’air est le taux d’humidité de votre intérieur. Le nombre de logements concernés par des problèmes des moisissures est estimé à 20%. Un intérieur trop humide revêt un terrain idéal pour le développement et l’expansion des moisissures. Leurs effets néfastes sur la santé sont multiples (irritation des yeux, du nez et de la gorge, toux ou congestion, aggravation de l’asthme, fatigue, maux de tête, difficulté de concentration…) aussi vaut-il mieux limiter leur développement. L’ADEME* recommande un taux d’humidité compris entre 40 et 60 %. Si vous dépassez trop souvent ce seuil, pensez à aérer plus souvent ou faites l’acquisition d’un déshumidificateur d’air.

Enfin, réduisez les émissions intérieures. Sachez qu’un chauffe-eau ou un chauffage mal réglé ou défectueux est une source de pollution. Il peut être à l’origine d’un taux de dioxyde ou de monoxyde de carbone trop élevé, ou encore de fuites de gaz. Pensez donc à faire régulièrement contrôler vos installations de chauffage, ainsi que de climatisation et de ventilation.

Pour les odeurs intérieures désagréables que vous désirez chasser, ou afin de rendre agréables les effluves d’une pièce ou de votre linge, gardez à l’esprit que parfum de synthèse va souvent de pair avec COV, majoritairement composés d’organiques volatils nocifs. Limitez l’usage des bougies parfumées et encens, choisissez des désodorisants d’intérieur écologiques. Même chose pour vos lessives et produits d’entretien. Rappelez-vous : le propre n’a pas d’odeur ! Dans ce domaine, privilégier les produits d’entretien bio s’avère un choix judicieux.

Soyez également relativement exigeants dans le choix des produits de traitement de vos plantes et de vos animaux que vous finirez inévitablement par inhaler, voire ingérer via le contact surface/main puis main/bouche, en particulier pour les jeunes enfants.

Pour conclure, il convient de garder à l’esprit que changer d’air implique de changer d’ère, et donc d’habitudes en privilégiant aussi souvent que possible et dans tous les domaines, des produits éco-conçus et responsables.

*Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie